Part 5 – Être soi pour soi

Oser. Cesser d’avoir peur. Mais peur de quoi après tout !

Voilà ce que se disait Lison.

Être soi. Ne pas vouloir ressembler à… ou être comme…

Ne plus répondre aux attentes des autres avant de répondre à ses propres besoins, ses envies. Rentrer dans un formatage à en oublier qui elle est.

D’ailleurs sait-elle qui elle est réellement ?


Lison a souvent vu sa mère triste, le regard vide et fatigué, le soir à table. Parfois elle ne mangeait même pas.

Je t’ai tout donné, j’ai tout sacrifié pour toi …

Lison se sentait responsable de la fatigue de sa mère qui, parfois, lui disait « je t’ai tout donné, j’ai tout sacrifié pour toi … »

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Part 3 – La place de Lison

Officiellement, Lison est enfant unique.

Elle a toujours été adulée par sa mère Véronique et par ses grands-parents.

Avant elle, ses parents ont attendu un premier enfant, un garçon, qui est décédé à la naissance. Après elle, ils ont perdu une fille, suite à une fausse couche. Quant à sa relation avec son père Christian, elle est irrégulière.


Regard du thérapeute : 

Interrogeons-nous sur la notion de place : celle qu’occupe Lison dans la vie des siens, celle qu’ils occupent dans sa vie, mais aussi celle qu’elle accorde à son travail.

Intéressons-nous aussi au regard que portent les autres sur elle.


Dans la vie quotidienne de Lison avec sa mère, le lien est très présent.

Il ne se passe pas 24 heures sans qu’elles se téléphonent dans la journée ou s’envoient des sms voire des e-mails, alors qu’elles se quittent le matin et se retrouvent le soir.

Véronique connait tout de la vie de sa fille, et réciproquement. Lorsque quelque chose de positif comme de négatif se produit dans la vie de l’une ou de l’autre, les grands-parents en sont ensuite rapidement informés et cela fait l’objet d’une discussion familiale. Parfois cela s’étend à l’oncle Philippe et par conséquent à sa femme, Christine mais aussi à leurs enfants, Victor et Marion.

Chacun donne son avis et va de ses conseils.

Lison se sent prisonnière du fonctionnement familial dans lequel elle a grandi. Elle se demande souvent pourquoi tout ce que sa mère et elle vivent sont l’objet d’un conseil de famille.


Regard du thérapeute : 

Chaque individu appartient à un système familial.

Au-delà de la notion de génération, les interactions entre les membres d’une famille sont induites par les fonctions respectives que chacun s’attribue et accepte de se voir attribuer.

Le tempérament (qui est inné) va, selon l’environnement dans lequel l’individu évolue, contribuer à lui donner un caractère.

Tempérament et caractère réunis donneront à un individu sa personnalité au sein du milieu dans lequel il évolue.

C’est l’environnement dans lequel nous évoluons qui nous donne un caractère. Voilà pourquoi il est saugrenu de dire de quelqu’un qu’il a « bon » ou « mauvais » caractère


Lison en a assez que sa mère et elle-même soient perçues comme des petites filles soumises aux regards de « ceux qui savent ».

Dans sa famille, Lison est considérée comme celle qui ne sait pas, celle que l’on protège. Alors que dans son travail, elle est à l’initiative de nombreux projets de communication qui font l’admiration des membres de son équipe.

Pourquoi tant de différences entre les regards de ces deux univers ?