PART 13 – Et vivre sereinement …

Lorsque Lison pense à ceux qu’elle aime … Que ce soit sur le plan de l’amour familial, celui de la relation que sa mère Véronique a avec son ami ; que ce soit dans sa relation avec Simon, qui l’a laissée sans nouvelle, dans le néant, sans explication ; et les membres de sa famille qui ne la comprennent pas et qui, inlassablement lui disent : « Alors Lison, et toi, quand nous présenteras-tu enfin quelqu’un de sérieux ? ».

Elle s’est même entendue dire « peut-être aimes-tu les femmes sans le savoir ! ». 

Mais pourquoi faudrait-il absolument partager sa vie avec « une âme sœur » ?

Lison n’est pas malheureuse de vivre seule. Elle a gardé l’appartement où elle vivait avec Véronique, celle-ci étant partie vivre avec son compagnon dans une autre région. Rappelons-nous que, lorsqu’elle a découvert que sa mère risquait de la quitter, elle s’interrogeait sur son lieu de vie.

Elle a refait toute la décoration et changé l’agencement de l’appartement. Elle se sent bien dans son environnement de vie. Enfin, elle se sent bien dans sa vie.

La seule personne qui ne la juge pas est sa tante Christine.

Récemment, cette dernière a dit à Lison « Si c’était à refaire, avec la connaissance que j’ai de la vie de couple et de famille, je resterais seule. Je t’admire. Tu es indépendante, tu vis ta vie sans te soucier de ce que les autres disent. Tu t’autorises à sortir du cadre. Moi je n’ai jamais osé. J’ai toujours eu la crainte de  ce que les gens allaient dire de moi»

Ses échanges avec sa tante lui ont permis d’avoir une autre image d’elle et de prendre confiance en elle.

Accepter sa différence et la vivre sereinement.

Cesser de vouloir être comme tout le monde, sans se poser ces questions « Qu’est-ce qui me correspond réellement ? Est-ce la force de l’amour ou le désir caché d’avoir atteint la ligne d’arrivée comme les autres en pensant vivre l’amour ? »

Lison a eu le temps, et surtout a pris le temps, de se poser toutes ces questions, entre autre, pendant sa convalescence. Souvenez-vous ces heures passées dans sa voiture à attendre Simon, attente qui a donné lieu à une hospitalisation.

Elle est allée chercher au plus profond d’elle-même et s’est posée les bonnes questions. Elle s’est mise face à elle et a discuté avec elle-même en toute honnêteté.

Imaginez-vous en train de prendre un café ou un thé à une terrasse avec vous-même…

Ce qu’elle a vécu avec Simon fut douloureux. Elle a cherché à comprendre ce qui l’avait conduite à vouloir à tout prix être avec Simon.

Mais était-ce Simon parce qu’il était Simon ou parce qu’au travers de lui, elle allait pouvoir atteindre ce but d’être en couple et d’être comme les autres tout en se persuadant d’aimer Simon ? Tout comme l’avait fait sa tante Christine lorsqu’elle était jeune !

Dernièrement, Lison a dit à sa tante :

« Si je revois Simon un jour, je le remercierai d’être parti car c’est en partant qu’il m’a permise de me comprendre, de me trouver, de comprendre ce qui animait mon acharnement. Il m’a obligé à lâcher prise en me laissant tomber en quelques sortes dans le vide. »

Et elle se dit à elle même :

« Si je revois la personne qui a prévenu les secours, je la remercierai également car c’est cette succession d’évènements douloureux qui a conduit à mon hospitalisation et m’a amenée à comprendre ce qui m’animait, ce dont je n’avais pas conscience ou que je ne voulais pas voir. C’est cette pause qui m’a permis de me regarder en face. Aujourd’hui, je suis moi, je ne souffre plus car je ne cherche pas à être ce que je ne suis pas. A ressembler et à être jalouse de ma cousine. D’ailleurs, depuis que j’ai accepté d’être moi, nous nous entendons à merveille avec Marion. Il n’y a plus cette course infernale à mener pour la rattraper, lui ressembler, être comme elle, voire être elle. »


Regard du thérapeute :

Lison a compris qu’être soi pouvait être merveilleux.

Elle avait grandi dans un environnement familial qui n’autorisait pas cette liberté. Seule sa tante pensait différemment des autres membres de sa famille. Toutefois, bien qu’elle ne l’exprimait pas à haute voix, elle seule s’autorisait à le dire à Lison. Mais seulement à Lison. La plupart du temps, sa tante restait silencieuse dans l’acceptation voire la soumission à un cliché. Elle disait seulement à Lison qu’à son âge, il était trop tard. Que sa vie était tracée, animée par le sentiment d’être passée à côté de sa vie.

Lison était triste pour elle, car c’est comme si elle renonçait à vivre sa vie et qu’elle acceptait de jouer un rôle qui ne lui correspondait pas, un scénario, une comédie dramatique.

Sa tante disait que quitter sa vie pour aller vers l’inconnu pouvait être risqué. Alors elle ne voulait pas prendre de risque. Tout comme lorsqu’elle avait connu Philippe, l’oncle de Lison. Elle savait qu’il ne lui correspondait pas totalement. Même très peu. Mais la peur de ne rencontrer personne d’autre et de ne pas se marier, comme ses copines, l’angoissait.

La peur est un frein qui nous empêche « de ». Nous ne sommes pas tous explorateurs dans l’âme.

Être à la marge, c’est être en dehors. Mais en dehors de quoi ? Qui a posé le cadre, les codes sociaux ?

Et vous, cher lecteur, cher lectrice, qui êtes-vous au plus profond de vous ?



Je vous remercie pour ces moments partagés tout au long de cette nouvelle accompagnée de Lison (notre héroïne), Simon (la rencontre amoureuse de notre héroïne), Véronique (la mère), Christian (le père), Philippe (le frère de Véronique – l’oncle), Christine (la tante), Victor et Marion (les cousins, enfants de Philippe et Christine), les grands-parents maternels.

Ces personnages qui ont su donner vie tout au long de ces semaines à un sujet qui, je l’espère, vous parle. L’histoire de Lison est peut-être la vôtre ou celle d’une personne, femme ou homme, peut-être enfant ou adolescent de votre entourage.

Cette histoire, en prenant place dans nos imaginaires, nous a accompagnés dans nos réflexions respectives.

Nous nous retrouverons prochainement, si vous le voulez bien, avec une autre nouvelle qui vous fera découvrir la vie d’un enfant pas comme les autres.

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