PART 9 – Le silence de Lison

Lison-attente

Souvenons-nous de ce dernier épisode où Lison faisait le guet devant le lieu de travail de Simon.

Que lui est-il arrivé à ce moment là ?

Lison a été retrouvée sans connaissance au volant de sa voiture, par les pompiers, suite à l’appel d’un habitant qui avait repéré un véhicule stationné avec une personne à l’intérieur.

Lison a été emmenée à l’hôpital. Elle y est restée plusieurs semaines, puis admise en maison de repos.

Nous n’avions plus aucune de ses nouvelles car elle n’avait pas supporté cette impuissance dans laquelle elle se trouvait face à l’absence de Simon.

Nous retrouvons Lison affaiblie après plusieurs mois d’hospitalisation, ce qui nous explique ce silence.

D’une nature anxieuse, Lison se sentait souvent fautive, coupable, responsable de ce que les autres pouvaient penser d’elle ou ressentir à cause d’elle.

D’ailleurs, elle était plus dans le « à cause de moi », que dans le « grâce à moi ».

Elle redoutait d’entendre : « tu m’as déçu » car ces trois mots avaient sur elle un effet dévastateur. Pour éviter de les entendre, Lison essayait en permanence d’être dans la perfection. De ne pas déranger, de répondre aux attentes et besoins des autres, de les devancer même parfois dans le but de faire plaisir et de s’entendre dire : « tu es adorable ». Lorsqu’elle entendait cette phrase à son sujet, elle se sentait bien.

Alors vous comprendrez que la situation dans laquelle elle s’est trouvée, par rapport à l’absence de réponse de Simon, a pu être insupportable pour elle. Ce qui l’a conduite à cet évanouissement au volant de sa voiture, évanouissement qui l’a anéantie car Lison semble s’être éteinte.

Elle n’a pas encore repris le travail, elle vit toujours avec sa mère qui se sent démunie face à cette jeune femme vivante à l’extérieur mais qui semble morte à l’intérieur.

Lison avait investi sa relation avec Simon. Elle se projetait avec lui. A-t-il eu peur ? Lui a-t-il menti ? S’est-il enfuit ? Est-il mort ? Nombreuses sont les hypothèses.

Regard du thérapeute :

L’estime de soi et la confiance en soi sont les fondements de nos états d’être. En effet, la critique des autres peut, pour certains, peser plus lourdement dans leur état d’être et conduire vers le mal-être.

Avant de naître, l’enfant fait l’objet de nombreux échanges entre les personnes qui l’entourent. Ou plutôt, qui entourent sa mère qui le porte, voire le transporte vers la vie.

Il est témoin, presque invisible, des propos tenus à son égard. Notamment de multiples hypothèses ou certitudes concernant les enfants que peuvent avancer avec aplomb certaines personnes.

Alors qu’il n’est pas encore né, selon le déroulement de la grossesse de sa mère, il pourra entendre dire « Il faut espérer qu’il soit moins agité lorsqu’il sera sorti » ou aussi «s’il te laisse aussi tranquille lorsqu’il sera sorti que pendant ta grossesse, tu auras de la chance ».

Certains d’entre nous sont remplis de certitudes, alors que pourtant, nous devrions n’émettre que des hypothèses car la nature humaine est imprévisible. Les sciences humaines ne sont pas des sciences exactes comme peuvent l’être les mathématiques.

Toutefois, certifier peut être rassurant car ainsi il n’y a pas d’incertitude.