Part 5 – Être soi pour soi

Oser. Cesser d’avoir peur. Mais peur de quoi après tout !

Voilà ce que se disait Lison.

Être soi. Ne pas vouloir ressembler à… ou être comme…

Ne plus répondre aux attentes des autres avant de répondre à ses propres besoins, ses envies. Rentrer dans un formatage à en oublier qui elle est.

D’ailleurs sait-elle qui elle est réellement ?


Lison a souvent vu sa mère triste, le regard vide et fatigué, le soir à table. Parfois elle ne mangeait même pas.

Je t’ai tout donné, j’ai tout sacrifié pour toi …

Lison se sentait responsable de la fatigue de sa mère qui, parfois, lui disait « je t’ai tout donné, j’ai tout sacrifié pour toi … »

À ces moments-là, Lison avait l’envie de lui dire « Moi, je ne t’ai rien demandé. C’est toi qui as fait le choix de me consacrer ta vie. C’est toi qui as choisi de ne pas vivre ta vie de femme, de vouloir être parfaite, que personne ne puisse rien te reprocher »

Arrête de me culpabiliser et de me mettre en dette vis-à-vis de toi.

Elle avait aussi envie d’ajouter « Arrête de me culpabiliser et de me mettre en dette vis-à-vis de toi. »

Et aussi, envie de lui dire : « Vous les parents, vous dites toujours que les enfants sont ingrats mais nous, on n’a rien demandé. C’est vous qui avez voulu avoir des enfants. Nous, on a subi votre désir. Après on doit faire avec et vous nous faites des reproches. Alors c’est à vous, les parents, d’assumer vos choix. Maintenant, si tu es seule avec moi, ce n’est pas de ma faute car ce n’est pas moi qui ai demandé à être là. Alors assume Maman ! Et voit ça avec celui avec qui tu m’as fait et arrête de dire que si tu n’as pas refait ta vie, c’est pour moi « .

Véronique, la mère de Lison, dit en effet avoir mis sa vie de femme entre parenthèses pour être disponible pour sa fille.

Elle dit avoir raté sa vie conjugale et familiale dans l’image qu’elle s’en était faite.

Alors, elle ne veut pas prendre le risque qu’on lui reproche un quelconque échec, d’abord scolaire, puis professionnel pour sa fille, sa seule et vraie réussite. Mais en agissant ainsi, nous pouvons nous demander quelle est la motivation de Véronique car, derrière la soi-disant réussite de sa fille, il y a son image de mère.

Mais peut-on refaire sa vie ?


Réponse et regard du thérapeute :

Absolument pas, car ce qui est passé est passé.

Nous poursuivons nos vies en nous appuyant, parfois, sur nos expériences, qui ne sont pas obligatoirement des erreurs.

En effet, si à cette période de nos vies, nos choix s’avèrent avoir été en finalité inadaptés, au moment où ils ont été pris ils semblaient correspondre à nos besoins.

Il est pertinent, lorsque nous prenons une décision telle qu’elle soit, de nous questionner :

– Est-ce que je prends cette décision parce qu’elle me rend profondément heureux (se) ?

– Est-ce que je suis heureux (se), de part cette décision, d’être comme les autres voire de faire plaisir aux autres ?

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